Découvrez l'interview croisé de Bernard Willinger (Ingénieur expert & chargé de mission) et Pierre Guillot (Directeur collectivité) - Activité Eau
En première ligne dans la lutte contre les inondations
Dans la Vallée de la Bièvre, sujette à des épisodes de grandes crues, Veolia a travaillé en étroite collaboration avec la collectivité pour mettre en place un dispositif de gestion dynamique des flux. Un système si efficace que, depuis son installation, la vallée n’a subi aucune inondation. Une conversation avec Bernard Willinger (Ingénieur expert & chargé de mission) et Pierre Guillot (Directeur collectivité) sur ce succès et son impact pour les habitants.
Pierre GUILLOT
Directeur Collectivités Yvelines SudDepuis 25 ans chez Veolia
De l’empathie pour le client
Bernard WILLINGER
Ingénieur Expert et Chargé de MissionDepuis 26 ans chez Veolia
Management en Bienveillance (équipes et projets) pour construire des partenariats de leadership ambitieux aux Services des clients
Quel a été le déclencheur du projet ?
C’est une réponse à un historique d’inondations assez dévastatrices d’une rivière au régime torrentiel. Le dispositif comprend des dizaines de bassins en cascade, régulés par des vannes automatisées permettant d’optimiser le débit hydraulique.
Suite à la crue centennale de 1982, nous avons commencé à imaginer une solution avec la collectivité. Le système actuel a été mis en place en 1993 et a évolué au fil du temps. Aujourd’hui, il y a tout un réseau de capteurs qui fournit de la donnée en temps réel vers un système d’information centralisée pour analyser les flux et proposer les meilleures stratégies de gestion.
En quoi ce projet est-il innovant ?
Nous rentrons dans une phase beaucoup plus prédictive. Des innovations en matière de radar, de capteurs et de modélisation vont permettre de visualiser des débordements potentiels dans les 3 heures à venir, et d’alerter les habitants. Cela n’existe nulle part ailleurs !
Si je peux citer l’ancien Président de notre client (SIAVB), je dirais : « La Bièvre était la première rivière entièrement informatisée au monde. ,» Le niveau de technicité et d’automaticité intelligente de ce dispositif est rare, sinon inédit.
Qu’est-ce l’un et l’autre ont apporté au projet ?
La contribution technique de Bernard a été fondamentale dès le début. Depuis 25 ans, il suit l’évolution des différents systèmes donc, avec son savoir-faire et son expérience, il a bâti un partenariat très constructif avec la collectivité.
On a travaillé main dans la main sur l’élaboration de solutions efficaces à des coûts relativement modestes. Ensemble, on a montré qu’on était capable de proposer des offres pertinentes à l’échelle des budgets de la collectivité.
Quel a été le plus grand défi ?
Comme c’est un marché public, tous les 5 ans, nous sommes mis en concurrence. Cela permet à la collectivité de tirer les solutions proposées vers le haut. Et nous, nous n’avons pas le temps de nous reposer sur nos lauriers !
Au début, il fallait prouver que la mise en œuvre du dispositif était possible, car le système était totalement nouveau. Ensuite, tout au long du projet, il a fallu faire preuve d’imagination pour qu’il reste perpétuellement à la pointe des innovations techniques.
Quel a été le meilleur moment du projet ?
Quand la collectivité renouvelle sa confiance : c’est gratifiant, ça veut dire que nous avons une réponse adaptée.
Pour moi, c’est surtout lorsque le client vous remercie de vos efforts ou lorsqu’il vous renouvelle sa confiance lors des situations de crises ou lors des renouvellements du contrat. Cela démontre que nous répondons à l’attente du client et qu’un climat de confiance s’est installé.
Quels sont les impacts positifs du projet ?
Principalement le fait que les riverains soient désormais à l’abri des crues. Un autre aspect positif est la renaturation de la vallée : les bassins naturels augmentent la capacité de stockage en temps de pluie et créent des zones humides où la biodiversité réapparaît, ce qui donne une résilience naturelle.
A titre d’exemple, la crue majeure de 2016 a provoqué des situations dramatiques en Île-de-France, chiffrées à 1 milliard d’euros de dommages. Dans la Vallée de la Bièvre, il n’y a eu aucun dommage.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Nous comptons capitaliser sur cette solution technique pour répondre à des problématiques d’inondation sur d’autres sites. Le changement climatique rend cette gestion de crue encore plus importante.
Tout d’abord, la mise en œuvre de nouvelles innovations prévues au marché qui vient de démarrer et s’appuyer sur les bases acquises pour transposer cette solution au Cambodge en partenariat avec notre client. Depuis 2011, nous travaillons à cette idée de retenir et répartir intelligemment les flux autour des temples d’Angkor pour les protéger.
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